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Pas facile pour les jeunes diplômés thaïlandais de langue française de trouver un travail correspondant à leur formation. Si les secteurs du tourisme, de l’interprétariat et de l’enseignement offrent le plus de débouchés, la connaissance de la langue la plus romantique du monde est loin d’être la première compétence recherchée par les recruteurs, mêmes français
Parler français suffit rarement à lui seul à trouver un emploi utilisant la langue. Le plus souvent les entreprises intéressées par des francophones recherchent des profils trilingues (anglais-thaï-français), et qui ont des compétences dans le domaine en question (Photo Pierre QUEFFELEC)
Ni, 22 ans, cherche à tout prix un emploi en français : "J’aimerais travailler comme interprète dans un hôpital international en Thaïlande. Et j’ai fait beaucoup d’entretiens mais je n’ai pas encore de réponse." Le chef des guides de la Maison de Jim Thompson, Pemmarin Saeueng, affirme qu’il est difficile en ce moment de trouver du travail en français, surtout dans le secteur du tourisme. Ce lieu incontournable des circuits touristiques n’accueille actuellement qu’une cinquantaine de visiteurs francophones par jour. "Avant on avait sept guides de français ici et chacun faisait cinq visites par jour. Aujourd’hui, nous n’avons plus que cinq guides, qui effectuent deux visites par jour."
Plusieurs facteurs de difficultés pour trouver du travail La crise économique est un facteur qui rend plus difficile la recherche d’emploi dans une entreprise française. C’est l’avis de Boonsong Bunmark, professeur de français des Affaires de la faculté des Sciences humaines et sociales à l’université Rajabhat Chantrakasem. "Avant, la plupart de nos étudiants trouvaient un emploi à l’issue de leur stage de fin d’étude. Mais de nos jours c’est totalement différent." Autre raison qui empêche les jeunes diplômés de travailler dans le domaine de l’interprétariat : la crise politique qui affecte le royaume. Selon l’interprète professionnel Apichart Poemchawalit, "le domaine de l’interprétariat en français est pénalisé par ces remous depuis deux ou trois ans. Il n’y a pas assez de conférences internationales organisées en Thaïlande pour nous permettre de tous travailler. Et pour travailler dans un hôpital international par exemple, il faut avoir des compétences particulières. Parler couramment ne suffit pas, il faut aussi avoir la faculté de traduire rapidement et correctement, ce qu’on n’apprend pas au cours de ses études."
Savoir parler français n'est pas suffisant De son côté, la célèbre traductrice et écrivain thaïlandaise, Jane Vejjajiva, explique qu’il est important d’élargir son champ de compétences pour trouver un emploi plus facilement : "A la faculté des lettres, on n’apprend pas que la langue française. On est donc capables de travailler dans de multiples secteurs, pas seulement dans un domaine où on utilise le français. Quand j’ai terminé mes études, seuls quatre camarades sur vingt ont trouvé un emploi dans une entreprise ou une institution française". Le simple fait de parler français n’est pas tout à fait la meilleure réponse aux qualifications demandées par les entreprises françaises comme les jeunes diplômés le croient. "Le français n’est pas un critère de recrutement, explique Laurence Ricca, responsable du département emploi de la Chambre de commerce franco-thaïe. Il peut être un plus, mais seulement en complément de l’anglais et d’une autre formation, en marketing ou en finance par exemple, car l’essentiel de la communication des entreprises se fait en anglais. Le français peut être une valeur ajoutée pour des profils d’assistant de direction de haut niveau, mais on recherchera toujours un profil trilingue (anglais-thaï-français)." La responsable souligne ne pas avoir de demandes spécifiques de la part d’entreprises recherchant des Thaïlandais parlant uniquement français dans le secteur du business. "En revanche, le fait que la personne ait étudié en France peut intéresser les entreprises françaises, car le candidat sera plus au fait de la culture et des habitudes de travail." Jib, 23 ans, l’a bien compris. La jeune fille vient de terminer ses études de français, mais affirme qu’elle n’est "pas encore prête pour la vie professionnelle". Elle a donc décidé d’aller étudier en France pendant un an ou deux ans, "pour mieux répondre aux qualifications demandées par les entreprises françaises." Parida PANSEENUN et E.M. (http://www.lepetitjournal.com/bangkok.html) mardi 12 mai 2009
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